janvier 25, 2026

Mbujimayi : L’IPAMEC, un poumon de résilience et d’auto-prise en charge à Tshibombo

Le bâtiment de L'IPAMEC et Le coordonnateur du projet

Par la Rédaction

Depuis plus de 20 ans, l’Initiative du Panier de la Ménagère de Tshibombo (IPAMEC) transforme le quotidien des populations du site Basala. Né de la volonté de l’Abbé Stanis Kanda, ce projet multisectoriel est devenu un modèle de lutte contre la pauvreté par l’agro-pastoral et l’accès à l’eau potable.

Derrière l’acronyme IPAMEC se cache une histoire de solidarité qui remonte aux années de refoulement des populations vers le Kasaï-Oriental. C’est l’Abbé Stanis Kanda Kanyinda, alors en exil en Belgique, qui imagine ce concept pour aider ses “frères” restés à Mbujimayi à se prendre en charge dignement. Aujourd’hui, sous la coordination de Jean-Bosco Tshibombo, l’IPAMEC est bien plus qu’une ASBL : c’est un moteur de survie pour des milliers de familles.

L’un des piliers de l’IPAMEC reste l’approvisionnement en eau potable. Là où le bidon de 20 litres se négocie parfois entre 500 et 1000 francs congolais en ville, l’IPAMEC le propose à un tarif social de 200 francs, voire gratuitement pour les plus démunis. Grâce à un système de forage et de traitement sophistiqué (utilisant des systèmes de filtration par gravier), l’initiative dessert non seulement le centre mais aussi toute la cité Bashala.

“L’eau c’est la vie, sans elle, aucun de nos projets ne tiendrait“, rappelle Jean-Bosco Tshibombo.

En matière d’élevage, l’IPAMEC a instauré un système de métayage innovant pour les chèvres. Le principe est simple : l’organisation donne une chèvre à une famille. Lorsque celle-ci met bas pour la première fois, le petit est donné à une autre famille, créant ainsi une chaîne de solidarité infinie. Évolution spectaculaire : Le projet a débuté avec seulement 2 chèvres et en compte aujourd’hui plus de 4 200 réparties dans 8 blocs communautaires. Diversification : Outre les chèvres, l’initiative s’est lancée dans l’élevage de lapins.

Constatant l’absence de fruits à Mbujimayi, l’IPAMEC a lancé un vaste programme de jardins parcellaires. Plus de 1 750 familles ont déjà reçu des plantes d’agrumes (orangers, citronniers, mandariniers).

L’objectif est de transformer le paysage de Tshibombo d’ici 5 à 10 ans pour en faire un verger capable de nourrir la province.

Malgré ces succès, les défis restent entiers. Le coordonnateur souligne le coût élevé du carburant nécessaire au fonctionnement des pompes hydrauliques et appelle à une plus grande implication des autorités et des partenaires pour soutenir cette population de refoulés qui ne demande qu’à travailler. Il a notamment salué le soutien ponctuel reçu par le passé du Gouverneur Maweja, tout en espérant de nouveaux appuis pour pérenniser ces acquis.

L’IPAMEC reste une preuve vivante que l’auto-développement, lorsqu’il est structuré et porté par une vision communautaire, peut redonner espoir là où tout semblait aride.

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