février 10, 2026

Mbujimayi : l’IPAMEC au service de la population de Tshibombo, une initiative encore peu soutenue

Par La Rédaction

Au site Basala, dans la commune de Bipemba, une initiative communautaire redonne depuis plus de deux décennies espoir et dignité à des milliers de familles. L’Initiative du Panier de la Ménagère de Tshibombo (IPAMEC) s’est imposée comme un modèle local de lutte contre la pauvreté, fondé sur l’agro-pastoral, l’accès à l’eau potable et la solidarité communautaire.

L’histoire de l’IPAMEC plonge ses racines dans une période douloureuse, marquée par le refoulement massif des populations kasaïennes du Katanga vers le Kasaï Oriental. Face à cette détresse, l’Abbé Stanis Kanda Kanyemesha, alors en exil en Belgique, conçoit un projet visant à permettre aux populations restées à Mbujimayi de reprendre leur destin en main. De cette vision naît l’IPAMEC, aujourd’hui coordonnée par Jean-Bosco Tshilombo.

Bien plus qu’une simple ASBL, l’IPAMEC est devenue un véritable pilier de survie et de résilience pour les communautés locales.

L’eau potable, socle de l’action communautaire

L’accès à l’eau potable constitue l’un des axes majeurs de l’action de l’IPAMEC. Dans un contexte urbain où le bidon de 20 litres se vend entre 500 et 1 000 francs congolais, l’organisation propose la même quantité à un tarif social de 200 francs, voire gratuitement pour les familles les plus vulnérables.

Grâce à un système de forage moderne et de traitement par filtration à gravier, l’IPAMEC alimente non seulement son centre mais aussi l’ensemble de la cité Bashala.

« L’eau, c’est la vie. Sans elle, aucun de nos projets ne peut tenir », souligne Jean-Bosco Tshilombo.

Agro-pastoral et solidarité : un modèle qui fait ses preuves

Dans le domaine agro-pastoral, l’IPAMEC a mis en place un système de métayage innovant basé sur l’élevage des chèvres. Chaque famille bénéficiaire reçoit une chèvre ; lors de la première mise bas, le chevreau est remis à une autre famille, créant ainsi une chaîne de solidarité durable.

Parti de seulement deux chèvres à ses débuts, le projet en compte aujourd’hui plus de 4 200, réparties dans huit blocs communautaires. L’initiative s’est également diversifiée avec l’introduction de l’élevage de lapins, renforçant les sources de revenus et de protéines pour les ménages.

Vers un verger provincial

Confrontée à la rareté des fruits à Mbujimayi, l’IPAMEC a lancé un vaste programme de jardins parcellaires. À ce jour, plus de 1 750 familles ont déjà bénéficié de plants d’agrumes, notamment des orangers, citronniers et mandariniers.

L’ambition est claire : transformer progressivement le paysage de Tshibombo, sur un horizon de cinq à dix ans, en un véritable verger capable de contribuer à l’alimentation de toute la province.Un cadre moderne pour les rencontres institutionnelles

Au-delà de ses activités agro-pastorales, l’IPAMEC dispose également d’une salle de réunions moderne et bien équipée, devenue un espace de référence pour les rencontres professionnelles et institutionnelles. Récemment, le maire de la ville de Mbujimayi y a organisé le Conseil urbain de sécurité, témoignant de la confiance des autorités envers cette infrastructure communautaire.

À cette occasion, le coordonnateur de l’IPAMEC a lancé un appel à d’autres autorités politico-administratives, organisations et partenaires à utiliser régulièrement ce cadre pour la tenue de réunions, ateliers et échanges professionnels.

Des défis persistants, un appel au soutien

Malgré ces résultats encourageants, l’IPAMEC fait face à d’importantes contraintes. Le coût élevé du carburant nécessaire au fonctionnement des pompes hydrauliques pèse lourdement sur le projet. Son coordonnateur plaide pour un engagement accru des autorités publiques et des partenaires au développement.

Il rappelle, à cet effet, le soutien ponctuel déjà reçu par le passé, notamment de l’ancien gouverneur Jean Maweja, tout en espérant de nouveaux appuis pour consolider et pérenniser les acquis.

À Tshibombo, l’IPAMEC demeure la démonstration concrète que l’auto-développement, lorsqu’il repose sur une vision communautaire structurée, peut faire fleurir l’espoir même dans les terres les plus arides.

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