Par Thertia Kabedi
Longtemps annoncée sans véritable concrétisation, la relance de la Minière de Bakwanga (MIBA SA) entre désormais dans une phase opérationnelle. Le Directeur général, André Kabanda, a confirmé la mise à disposition effective d’un financement de 50 millions de dollars, destiné à amorcer le redressement de cette entreprise emblématique du secteur diamantifère congolais.
C’est une annonce porteuse d’espoir pour la province du Kasaï-Oriental et particulièrement pour la ville de Mbujimayi, historiquement liée aux activités de la Minière de Bakwanga. Lors d’un point de presse samedi 14 février 2026, le Directeur général a révélé que les fonds attendus pour la relance de la société sont désormais disponibles.
Ce montant de 50 millions de dollars représente un premier décaissement dans le cadre du plan minimum de relance évalué à 70 millions de dollars, destiné à remettre progressivement l’entreprise sur la voie de la production.
Fragilisée par plusieurs décennies de difficultés économiques, notamment consécutives aux efforts de guerre des années 1990, la situation de la MIBA est devenue, selon André KABANDA, un dossier prioritaire pour le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.
À la suite de l’élaboration d’un plan stratégique en août 2024 reposant sur cinq axes prioritaires, le gouvernement congolais a validé un appui financier visant à relancer durablement les activités de production et à restaurer la stabilité sociale de l’entreprise.
Le retard observé dans le décaissement des fonds s’explique principalement par la complexité du cadre juridique régissant la société. En tant qu’entreprise d’économie mixte soumise aux normes de l’OHADA, la MIBA appartient à 80 % à l’État congolais et à 20 % au partenaire privé SIBEKA (ASA).
Toute injection de capitaux nécessitait donc l’approbation préalable d’une Assemblée générale des actionnaires. Selon le Directeur général, cette étape importante a été franchie avec succès la semaine dernière, permettant de sécuriser juridiquement l’opération et d’écarter tout risque de contestation ou de mauvaise affectation des fonds.
Malgré cette avancée majeure, la direction de la société appelle à la patience. La relance de la MIBA ne sera pas immédiate, mais s’inscrira dans un processus progressif nécessitant une gestion rigoureuse et transparente des ressources financières désormais disponibles.
Ce financement ouvre toutefois la voie au renouvellement des équipements, à la reprise graduelle des activités minières et à l’amélioration du climat social au sein de l’entreprise.
Pour les travailleurs et la population de Mbujimayi, longtemps affectés par le ralentissement de la société, cette annonce ravive l’espoir de voir la MIBA redevenir un pilier économique majeur et un moteur du développement régional.

