mars 3, 2026

Mbujimayi : À Tshibombo, l’IPAMEC redonne une voix aux « oubliés » du site Bashala

Par la Rédaction

Installés depuis 1992 sur le site Bashala (Tshibombo) suite au refoulement massif du Katanga, des milliers de déplacés ont longtemps vécu dans l’abandon.

Aujourd’hui, grâce à l’initiative de l’Abbé Stanis Kanda Kanyemesha et à la gestion de l’IPAMEC, ce quartier de la commune de Bipemba se transforme en un pôle d’auto-prise en charge, attirant même l’attention des autorités urbaines.

L’histoire de l’IPAMEC (Initiative du Panier de la Ménagère de Tshibombo) est avant tout celle d’une résilience face à l’oubli. Depuis plus de 30 ans, les ressortissants kasaïens revenus du Katanga luttent pour leur dignité sur les terres arides de Bipemba. Longtemps délaissés, ces populations ont trouvé en l’Abbé Stanis Kanda Kanyemesha un protecteur et un visionnaire.

L’impact le plus frappant de l’IPAMEC est sans doute le changement de mentalité qu’elle a instauré. En structurant des interventions dans la formation professionnelle, l’éducation, l’agriculture et surtout l’élevage, l’organisation a permis aux habitants de « mettre la mendicité de côté » pour se concentrer sur la production.

L’élevage, pilier central du projet, est devenu le symbole de cette autonomie retrouvée. Ce qui n’était qu’une réponse à la précarité alimentaire est aujourd’hui une filière organisée qui redonne de l’espoir aux jeunes et aux familles du site Bashala.

Le coordonnateur de l’IPAMEC, Jean-Bosco Tshilombo, mène désormais un plaidoyer actif pour désenclaver socialement le site. Son message est clair : pour que les habitants se sentent pleinement citoyens, il faut que les institutions fréquentent leur milieu.

Cet appel a trouvé un écho favorable auprès du Maire de Mbujimayi, Jean-Marie Lutumba. En choisissant d’organiser des réunions officielles au sein même des installations de l’IPAMEC, le Maire a posé un acte symbolique fort. L’objectif est double : Rendre fréquentable un site autrefois perçu comme marginal. Remettre en confiance une population qui s’est longtemps sentie abandonnée à son triste sort.

Malgré ces avancées, le chemin reste parsemé d’embûches. Jean-Bosco Tshilombo a lancé un véritable « SOS » aux autorités de tous niveaux. Le soutien attendu n’est pas seulement financier, mais aussi logistique et institutionnel. L’utilisation régulière des infrastructures de l’IPAMEC pour des ateliers ou des rencontres professionnelles est l’un des leviers identifiés pour générer les ressources nécessaires au fonctionnement des services de base, comme le pompage de l’eau potable.

À Tshibombo, l’IPAMEC prouve que le développement ne vient pas d’en haut, mais de la capacité d’une communauté à se réorganiser, pourvu qu’on lui en donne les outils et la reconnaissance.

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