Par la Rédactrice
La récente fuite du document confidentiel issu du huis-clos de la CENCO du 23 février 2026 continue de faire des vagues, poussant l’Abbé Bernhard Katalay, du diocèse de Mbujimayi, à sortir de sa réserve pour livrer une analyse sans concession. Loin de s’indigner de cette divulgation sur la place publique, le prêtre a affirmé rendre grâce à la personne qui a mis ce texte en ligne.
Selon lui, cet acte inattendu représente une véritable « heureuse faute ». Il a souligné que cette exposition médiatique a le mérite de renforcer la présence d’une institution qui est souvent la cible de critiques injustifiées de la part de ceux qui méconnaissent sa signification et son authentique mission pastorale au sein de la société congolaise.
Abordant la question très sensible de la proximité entre la hiérarchie catholique et les acteurs politiques ou économiques, l’ecclésiastique a tenu à recadrer le débat avec une grande lucidité. Il a fait remarquer qu’en République Démocratique du Congo, tout évêque demeure un être humain confronté à des besoins économiques illimités. Cependant, a-t-il précisé, ces prélats s’évertuent à assouvir ces nécessités avec des ressources matérielles extrêmement restreintes.
Cette précarité matérielle, a-t-il expliqué, les place paradoxalement à la merci de ceux qui recherchent leur soutien pour profiter de leur aura morale, une aura qu’il n’a pas hésité à qualifier d’héritage d’un catholicisme bourgeois découlant de la colonisation mentale des Congolais.
Poursuivant sa réflexion, l’Abbé Katalay a déclaré que la CENCO n’est ni épargnée par ces réalités ni sortie de l’auberge, rappelant au passage que de nombreux Kinois s’amusent à la surnommer ironiquement « CMKO ». Pour illustrer l’étendue de ces compromissions, il a mentionné ouvertement les membres de la CENCO qui visitent régulièrement la ferme de Kashobwe, ceux qui fréquentent assidûment la cité de l’O.U.A, sans omettre ceux qui, par le passé, allaient admirer les animaux sauvages à Kingakati. Tous, a-t-il affirmé avec force, sont tributaires de ces pratiques et de ces antivaleurs qui sont aujourd’hui fustigées dans le débat épistolaire public provoqué par la fuite du document.
Enfin, si cette prise de parole inattendue a ravivé des tensions et exacerbé des divisions internes qui étaient jusqu’alors latentes, l’auteur y perçoit une nécessité salvatrice. Sur la place publique, ce débat possède une indéniable force thérapeutique et curative, a-t-il fait valoir, en s’appuyant sur la sagesse proverbiale luba : « Cikuyi tucikulula musenga, Muntu wa cilema tumubelela pa bantu ». En définitive, son message exhorte fermement l’Église à dénoncer ces pratiques pour pouvoir y renoncer, avec pour objectif ultime d’annoncer, par un comportement effectif, la vérité et la justice.

